Google célèbre l’oeuvre du réalisateur et illusionniste français Georges Méliès

Georges Méliès mis à l’honneur avec le premier Doodle interactif en réalité virtuelle à 360° et une nouvelle exposition Google Arts & Culture, créée en collaboration avec La Cinémathèque française.


« Acceptez, chers amis, que je m’adresse à vous tels que vous êtes vraiment. Des sorciers, de belles sirènes, des voyageurs, des aventuriers et des magiciens. Je vous invite à rêver avec moi. » – Georges Méliès

Afin de combler les cinéphiles, Google rend hommage cette semaine à l’illusionniste et réalisateur français Georges Méliès. Cet avant-gardiste a mis au point de nombreux procédés narratifs et techniques dès les débuts de l’industrie du cinéma, notamment en créant les premiers effets spéciaux et en réalisant certains des premiers films de science-fiction. Son oeuvre sera célébré avec :
  • Le tout premier doodle interactif en réalité virtuelle à 360°. Il commémore la sortie de ce qui est considéré comme l’un de ses plus grands chefs-d’œuvre : À la conquête du pôle (1912). Il sera visionnable les 3 et 4 mai pendant 48 heures, dans plus de 180 pays dans le monde.
  • Une nouvelle exposition Google Arts & Culture, créée en collaboration avec La Cinémathèque française et disponible dans 29 langues. Elle propose d’admirer les œuvres originales de Georges Méliès et de découvrir les coulisses de l’invention du premier studio de cinéma et des premiers effets spéciaux. 

Laurent Mannoni, Directeur du Patrimoine à La Cinémathèque française, nous en dit plus sur Georges Méliès et sur son impact sur le monde du cinéma :

“Le titre de l’un de ses films, L’Homme-Orchestre (1900), définit parfaitement Georges Méliès (1861-1938), dessinateur, peintre, caricaturiste, magicien, fantasmagore, directeur du théâtre Robert-Houdin, décorateur, homme de théâtre, écrivain, acteur, technicien, réalisateur-visionnaire de plus de 500 films entre 1896 et 1913, propriétaire du premier studio vitré conçu pour le cinéma. En effet Méliès maîtrise seul, du début à la fin, l’entière production de son œuvre cinématographique : c’est lui qui dessine les maquettes de ses décors, qui finance ses films, les réalise, les interprète, dirige les autres acteurs ; c’est encore lui qui dresse les plans de son studio, place la caméra, écrit ses scénarios. Pendant presque vingt années, il va ainsi régner en maître absolu sur le monde de la féerie et du trucage cinématographiques. Ses films seront d’ailleurs contretypés et plagiés à travers le monde par de nombreux contrefacteurs plus ou moins habiles.
Sa contribution au septième art est essentielle, car il ouvre à la cinématographie alors naissante et presque exclusivement documentaire, les portes du rêve, de la magie, de la fiction. Méliès accomplit un acte fondamental en unissant l’univers de Robert-Houdin à la chronophotographie ou cinématographie de Marey et des frères Lumière.
Toute l’œuvre de Méliès brille d’une fantaisie dynamique, d’une imagination incoercible, d’une irrésistible jubilation. Sa cosmogonie est un mélange explosif et unique de fantasmagorie, de diableries, de trompe-l’œil, d’illusions, de flammes, de fumées, de vapeurs soigneusement coloriées au pinceau.
Il aime à transformer et à extrapoler l’actualité de son époque. Son film Le Voyage dans la Lune (1902) est une anticipation burlesque et merveilleuse du débarquement de l’homme sur le satellite de la Terre qui aura lieu quelque 67 ans plus tard. A la conquête du Pôle (1912) donne une version comique et féerique des exploits alors tout récents d’Amundsen et de ses malheureux concurrents. Pour ce film, Méliès construit à l’intérieur de son studio vitré de Montreuil un « Géant des neiges« dont la tête, à elle seule, mesure deux mètres. 
Génie des effets spéciaux, Méliès préfigure George Lucas et Steven Spielberg. Machinerie théâtrale, pyrotechnie, effets d’optique, déroulants horizontaux et verticaux, arrêts de caméra, fondus enchaînés, surimpressions, prestidigitation, effets de montage et effets de couleurs sur pellicule, tout semble avoir été conçu et utilisé par ce virtuose de la technique.
Fasciné par les nouvelles technologies, sans cesse à l’affût de nouvelles inventions, Méliès aurait probablement été ravi de vivre à notre époque, si riche en trucages numériques, en cinéma immersif, en images spectaculaires. Nul doute qu’il aurait été flatté également de se retrouver à l’honneur via ce Doodle, comme propulsé à travers le monde entier grâce à un nouveau medium aux pouvoirs magiques décuplés.”



Hélène Leroux, créatrice de doodles et directrice de projets artistiques, nous fait découvrir les coulisses du développement de ce doodle, produit par Nexus Studios : 

“Georges Méliès a transformé l’univers du cinéma (et nos vies !) il y a plus d’un siècle de cela. J’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir l’immensité du travail et de l’œuvre qu’il a laissés derrière lui à travers des centaines de films. Pour lui, une pellicule et une caméra faisaient bien plus que capturer des images. Il les considérait comme des moyens de transporter les spectateurs au cœur d’une histoire.
Georges Méliès a apporté de la magie dans le cinéma grâce à des dizaines d’astuces et d’illusions. Nous avons voulu rendre hommage à son travail à l’aide d’un des outils les plus innovants et immersifs à notre disposition aujourd’hui pour raconter des histoires : la réalité virtuelle !
Georges Méliès était non seulement un magicien, mais aussi un conteur hors pair. Il était donc important que l’histoire du doodle soit clairement définie. Nous l’avons envisagée comme un ballet ou une pièce que l’on voit au théâtre, où l’on peut choisir sur quoi porter le regard. C’est le spectateur qui devient la caméra et qui monte son propre film.
Nous voulions que l’univers artistique du doodle soit à l’image des univers faits main que Georges Méliès créait dans ses films. Il réalisait et peignait tous les éléments lui-même ! Dans cette optique, et pour obtenir une atmosphère chaleureuse, j’ai essayé de donner un aspect peint à l’ensemble, puis j’ai ajouté de nombreuses textures aux personnages et aux éléments. L’équipe a ensuite fait un travail incroyable pour adapter les dessins en 2D en modèle 3D.
C’était un honneur de participer à la création d’une histoire et d’une expérience originales permettant aux gens de se remémorer tout ce que Georges Méliès a apporté au monde. Nous espérons que cela donnera envie à d’autres personnes de réaliser leurs rêves.

Merci, monsieur Méliès ! “

Comment a-t-il fait ? Georges Méliès se filmait plusieurs fois sur la même bande de film. (L’Homme-Orchestre, 1900)
Comment a-t-il fait ? Georges Méliès arrêtait la caméra, changeait de personnage et recommençait à filmer.(Les cartes vivantes, 1905)
Comment a-t-il fait ? Georges Méliès plaçait un cache noir juste devant la caméra pour donner l’illusion que les éléments disparaissaient. (Un homme de têtes, 1898)
Comment a-t-il fait ? Georges Méliès utilisait la même technique que ci-dessus, mais cette fois-ci, il filmait un autre morceau de film par-dessus le cache noir. (La sirène, 1904)
Comment a-t-il fait ? Georges Méliès arrêtait la caméra, faisait partir le personnage, et recommençait à filmer. (Le Voyage dans la Lune, 1902)
Explorez davantage les coulisses de la conception du doodle : 
Vous pouvez télécharger l’application Google Spotlight Stories pour profiter du doodle Google en RV sur mobile, Cardboard ou Daydream sur Google Play ou sur l’App Store. Si vous n’avez pas de casque, vous pouvez visionner le doodle sous forme de vidéo à 360° sur la chaîne YouTube Google Spotlight Stories.


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